
Nota : Le mandat de la
Commission n’englobe pas les questions d’érosion; elle fournit toutefois les
renseignements qui suivent à titre d’information.
Riverains, protégez votre investissement!
Q : Comment la majorité
des propriétaires riverains
imagine-t-elle le terrain idéal?
R : Une pelouse verdoyante descendant doucement
jusqu'à une belle plage de sable fin en bordure d'un lac d'azur…
Q :
Qu'arrive-t-il lorsque la végétation naturelle au bord de l’eau est enlevée
pour aménager une plage ou remplacée par du gazon?
R : Les propriétaires réalisent avec horreur que
leur plage est emportée par les eaux et que leurs terrain et investissement
sont peu à peu minés, année après année.
Q : Comment peut-on
expliquer ce phénomène?
R : L’image d'un tel terrain de riverain est
insoutenable : l'érosion par l'eau emporte rapidement la plage, car le
sable n'offre aucune résistance aux courants. Puis le terrain lui-même commence
à disparaître, le gazon n'ayant pas de racines assez profondes pour contrer
l'érosion. C'est alors le cauchemar. Ces quelques centimètres de terre, quand
ce ne sont pas des décimètres, grugés tous les ans, s'accumulent et dans
certains cas, plus de la moitié du terrain disparaît, forçant la relocalisation
des bâtiments ou même leur abandon. Tout cela parce qu'on voulait une belle
pelouse sans arbres. . .
Q : Comment peut-on éviter
que notre terrain soit miné année après année?
R : On a réalisé que les dépôts de roches dans
l'eau ou la construction de murets en pierres ne faisaient que ralentir
temporairement l'érosion ou en provoquaient encore plus ailleurs! Le
gouvernement du Québec a dû intervenir pour interdire de tels remblayages et
modifications en marge des lacs et des cours d'eau par la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines
inondables. Seuls les travaux soigneusement étudiés et approuves par la
municipalité sont permis. On préconise désormais l'établissement d'une « bande
riveraine de végétation naturelle ».
Q : Pourquoi préconise-t-on
l'établissement d'une « bande riveraine de végétation ?
R : Les terrains naturellement boisés le long de
la rive subissent peu ou pas d'érosion alors que ceux qui sont gazonnés
jusqu'en bordure sont souvent terriblement ravagés. Le type de plantation fait
donc toute la différence. Avec leurs longues racines, les arbres et les
arbustes stabilisent très bien les berges. De plus, la présence d'une bande de
végétation naturelle en bordure crée un filtre contre la pollution par les
engrais, les pesticides et les sédiments contenus dans les eaux de
ruissellement. Le bord de l’eau reste plus propre et donc plus propice à la
baignade et à la pêche.
Q : Comment fait-on pour
établir une « bande riveraine de végétation»?
R : On réintroduit, le long des points d'eau
endommagés, une bande de végétation en bonne partie composée d'arbustes et
d'arbres. On doit laisser une largeur minimale de 10 m pour les rives à
pente douce et de 15 m pour les rives à pente abrupte, plus sujettes à
l'érosion. La végétation sera composée en bonne partie d'arbres, d'arbustes et
de conifères, mais aussi de graminées et de plantes herbacées. Et la bonne
nouvelle est que cette bande riveraine de végétation s'avère très efficace.
Quand tous les riverains s'y mettent, on voit même l’eau redevenir propice à la
baignade!
Q : Quand et comment planter une bande
de végétation naturelle?
R : Le meilleur moment
pour planter une bande riveraine est à l'automne ou au printemps, après la crue
des eaux. Plantez en quinconce, en respectant 1 m de distance entre les
arbustes et environ 4 à 5 m entre les arbres. Réservez pour la bordure de l'eau
les végétaux comme les aulnes, les cornouillers et les saules, qui peuvent
tolérer l'inondation. Quant aux arbres, plantez-les dans le dernier rang, soit
plus loin de l'eau. Chaque trou de plantation doit être assez large pour
permettre l'étalement des racines et assez profond pour que la plante soit au
même niveau qu'elle était dans son pot d'origine. Si le so1 est très pauvre, on
peut rajouter un tiers de compost au sol prélevé en mélangeant bien, mais en
général la terre déjà présente suffit. Pour terminer la plantation, remplissez
le trou de terre, tassez pour éliminer les poches d'air et arrosez bien.
L'hiver, placez des spirales de protection autour des jeunes arbres pour les
protéger contre les rongeurs. On peut les enlever dès que le tronc dépasse 8 cm
de diamètre. Mélangez les espèces choisies pour obtenir une variété de hauteurs
et de feuillages différents. On suggère aussi de créer une bande de largeurs
variables, plus large par endroits pour un effet encore plus naturel.
Q : Quels sont
les mythes tenaces qui motivent de nombreux propriétaires riverains à être
récalcitrants à l'idée d'enlever leur
« pelouse-qui-va-jusqu'en-bordure-du-lac » ?
R :
« Je perdrai ma belle vue sur le lac. »
I1 n'est pas question de boucher
entièrement un panorama. On peut laisser une section plantée uniquement
d'arbustes relativement bas, installant les arbres de part et d'autre de cette
percée dans la végétation. En planifiant bien, on peut même embellir la vue
plutôt que la perdre.
« J'aime une belle pelouse verte. »
Vous n'avez pas à sacrifier votre
pelouse : il s'agit tout simplement qu'elle ne s'étende plus jusqu'au lac.
« Planter des arbres sur la rive est comme donner à manger aux
castors! »
Les castors préfèrent les aulnes, les
peupliers et les saules et surtout ils sont peu friands de conifères. I1 est
possible de planter des espèces qu'ils n'aiment pas dans les régions où les
castors sont actifs. Et même si les castors font « des ravages », il
faut se rappeler que ce n'est que temporaire : la bande se régénérera
rapidement sans la moindre aide.
« Enlever le gazon pour faire les plantations demande trop
d'ouvrage. »
Vous n'avez pas à enlever le gazon, juste
à y faire des trous de plantation pour les arbres et arbustes. Après, laissez
cette partie du terrain « en friche » : le gazon grandira, se
diversifiera et on verra apparaître de hautes herbes où des plantes indigènes
s'établiront, recréant un milieu d'allure très naturelle.
« Un aménagement en béton ou en
pierres est plus durable qu'une bordure végétale. »
Au contraire, il est difficile de
consolider des constructions artificielles en bordure de l'eau. En plus de leur
tendance à s'écrouler après seulement quelques années, parfois, par les
courants qu'elles causent, elles accélèrent l'érosion! D'ailleurs, sans permis
spécial, il est désormais illégal d’installer de telles constructions.
« Demander un permis est trop compliqué. »
Aucun permis n'est requis pour les
plantations en bordure de l'eau, seulement pour les constructions.
Q : Comment se fait l’entretien de cette
bande de végétation?
R : L'entretien d'une
bande de végétation riveraine naturelle ne pourrait être plus simple. I1 faut
faire des arrosages réguliers la première année pour bien établir les plantes,
voilà tout. Les années subséquentes, laissez les plantes s'adapter
d'elles-mêmes à leurs nouvelles conditions. I1 est même recommandé de laisser
en place les arbres et les arbustes qui meurent, car ils servent de gîte et de
garde-manger à plusieurs oiseaux et animaux. En plus de protéger votre
investissement, vous permettrez à d'autres générations de profiter de votre
coin de paradis.
Q : Que planter?
R : Le ministère du
Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec préconise
l’utilisation d’arbustes, d’arbres et de conifères indigènes de façon à
contribuer à attirer la faune indigène et à créer un milieu qui ne demande
essentiellement aucun entretien. Voici quelques suggestions :
Arbres
Bouleau à papier (Betula papyrifera)
Bouleau jaune (Betula lutea)
Chêne blanc (Quercus alba)
Chêne rouge (Quercus rubra)
Épinette blanche (Picea glauca)
Érable argenté (Acer saccharinum)
Érable rouge (Acer rubrum)
Frêne de Pennylvanie (Fraxinus pennsylvanica)
Mélèze laricin (Larix laricina)
Orme d’Amérique (Ulmus americana)
Peuplier baunier (Polulus balsamifera)**
Peuplier faux-tremble (Polulus tremuloides)**
Sorbier d’Amérique (Sorbus americana)
Thuya occidental (Thuya occidentalis)
Arbustes
Aulne rugueux (Alnus incana rugosa)**
Cornouiller stolonifère (Cornus Stolonifera)*
Dièreville chèvrefeuille (Diervilla Ionicera)
Myrique baunier (Myrica gale)*
Noisetier à long bec (Corylus cornuta)
Physocarpe à feuilles d’obier (Physocarpus opulifolius)
Rosier rugueux (Rosa rugosa)
Saule de l’intérieur (Salix interior) * **
Saule discolore (Salix discolor) * **
Spirée à larges feuilles (Spirea latifolia)
Sureau du Canada (Sambucus canadensis)
* Végétaux qui tolèrent les inondations et qui
peuvent donc aller en bordure du plan d’eau.
**
Espèces préférées des castors.